Des féveroles dans l'alimentation des volailles de chair?

Produire de façon plus durable : les féveroles pourront-elles à l’avenir remplacer le soja dans le secteur des poulets de chair ?

Recherche d’optimisation sur une exploitation mixte

Quelque part au fin fond du Westhoek, non loin de la frontière française, Spoormans a un client qui, depuis des années, vise une symbiose optimale entre son activité principale, les grandes cultures, et son activité secondaire, l’élevage de poulets de chair. Cette recherche se résume par la question suivante : « comment maximiser la valeur ajoutée de mes produits de grandes cultures dans le respect de l’environnement ? ».

Dans le secteur des poulets de chair, il existe actuellement une unanimité quant à la signification de cette symbiose : cultiver du blé, utiliser ce blé et la paille de blé pour les poulets de chair, et rendre les fientes de volaille aux grandes cultures. C’est fort bien, mais pour le client de Spoormans, symbiose signifie davantage : pour cet exploitant agricole de grandes cultures, le maïs sous forme séchée et concassée, ou sous forme de CCM, constituait une option, mais pas un véritable défi. De plus, cette culture convient un peu moins bien dans un sol lourd, et moins bien dans son plan de culture. Il s’est donc mis à la recherche d’une solution qui favoriserait aussi bien les grandes cultures que les poulets de chair. Cette solution, c’était les féveroles.

Introduction de féveroles dans l’alimentation pour poulets de chair

Le soja et les produits à base de soja comptent parmi les principales sources de protéines pour les poulets de chair. Il s’agit toutefois d’une matière première dont l’impact sur l’environnement est important : on la fait venir par bateau (d’Amérique du Sud) et on la cultive sur des terres gagnées sur la forêt amazonienne. On ne peut donc pas vraiment parler d’un choix écologiquement correct. À l’heure actuelle, de nombreuses initiatives sont lancées en Europe occidentale pour cultiver du soja européen, mais quelques années de culture seront encore nécessaires pour que le produit devienne intéressant à la fois pour l’éleveur et pour l’exploitant agricole de grandes cultures. Les féveroles, en particulier les variétés Tundra, offrent d’ores et déjà de nombreux avantages :

  • Elles se développent bien dans les sols relativement lourds (les polders du
    Westhoek).

  • Ce sont des légumineuses et elles ne nécessitent pas la moindre fumure azotée.

  • Elles demandent des soins similaires à ceux du blé, mais requièrent une profondeur
    de semis adaptée.

  • Elles ne craignent pas les dégâts causés par les pigeons.

  • La paille de féveroles, inintéressante pour l’élevage, reste sur le champ. De ce fait,
    on réduit l’appauvrissement du sol.

  • Elle confère par la suite une meilleure structure au sol.

  • Les risques liés à la récolte sont plus élevés que pour le blé, mais il en va de même
    pour le soja ou le colza.

Alors que la culture du soja donne dans le meilleur des cas de 2 500 à 3 000 kg/ha, les féveroles donnent facilement de 4 800 à 5 800 kg/ha. Leur teneur en protéines varie entre 25 et 30 % (contre 30 à 35 % pour le soja). Si l’on ajoute à cela l’octroi d’une prime VLI (« prime légumineuses ») supplémentaire de 600 EUR/ha par an si les matières premières protéiques cultivées sur l’exploitation même sont utilisées pour la consommation animale, il en résulte une situation gagnante aussi bien pour l’exploitant agricole de grandes cultures que pour l’éleveur de poulets de chair !

Sur cette exploitation, quelque 85 % de la récolte annuelle des 15 à 18 ha de féveroles sont donnés aux poulets de chair : pour l’instant, ces féveroles sont fournies en supplément (elles représentent de 4 à 4,5 % de la ration totale), en plus d’un pourcentage de blé ajouté légèrement supérieur au pourcentage prescrit d’un point de vue nutritionnel. La combinaison des deux évite des taux de protéines et d’énergie inappropriés dans l’aliment. La forme sous laquelle les féveroles sont ajoutées à l’aliment a nécessité quelques ajustements : d’abord, elles étaient moulues grossièrement, mais la fraction de poussières était trop élevée ; ensuite, elles ont été aplaties, mais les poussins les assimilaient plus difficilement ; à présent, on a trouvé la structure idéale : brisées entre des rouleaux dentés. Les féveroles brisées sont ajoutées à l’aliment des poulets à raison d’environ 8 % depuis l’âge de 2 semaines jusqu’à un maximum de 5 semaines. Par conséquent, le prix moyen des aliments de l’ensemble du lot peut être maintenu à un niveau inférieur de 2 à 5 EUR/tonne (actuellement, le blé est facturé à 210 EUR/tonne, contre 270 EUR/tonne pour les féveroles brisées), et ce, sans compromettre le résultat technique des poulets de chair.

Ainsi, notre client peut donner à ses poulets plus de 33 % de la récolte annuelle de ses grandes cultures, et utiliser la paille ou la litière de lin (le lin fait également partie de son plan de culture) dans les poulaillers. À l’avenir, il a l’intention d’augmenter sensiblement ce pourcentage : étant donné que les féveroles, à l’instar du soja et des pois, contiennent des FAN (facteurs antinutritionnels), les féveroles devraient être toastées. Mais pour l’instant, on ne dispose pas d’un toaster mobile. Dès que cela sera possible, le nutritionniste de Spoormans pourra élaborer une formule spéciale pour cette exploitation : une formule contenant bien moins de produits à base de soja et bien plus de féveroles.

Espérons qu’à l’avenir, cette exploitation puisse, sur place, convertir 50 % de la récolte de ses grandes cultures en savoureux poulets !

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